Buffalo Bill - Tel que je l'ai connu

Publié le par kit.2000

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  Sitting Bull et Buffalo Bill posent pour le Wild West Show

 

  Lorsque je rencontrai Buffalo Bill pour la première fois, la neige était déjà tombée sur la longue chevelure. Les boys du Ranch 44 ou je devais séjourner un an, m'avaient parlé de l' << old Man >> avec une certaine ironie ( il a toujours été de bon ton de critiquer les hommes qui eurent une ascension rapide !) Sans m'être aucunement laissé influencer par leurs critiques, j'attendais cette rencontre avec impatience. Parti de Omaha, j'étais accompagné par un avocat de l'Illinois qui me facilita le voyage, bien que la langue me fût familière.

  A la gare de North Platte, nous attendait un << buggy >> attelé d'un fringant cheval dont la queue traînait à terre. Le conducteur nous repéra d'un coup d'œil : << Hello, Easterners >>. A cette époque, il n'existait pratiquement pas de tenue de voyage ou d'accoutrement spécial, sinon que les bottes et le haut chapeau faisaient << western >>. Nos vestons étriqués et nos couvre-chefs de petites dimensions provoquaient une certaine hilarité chez les gens de la prairie. Au grand trot, nous roulâmes vers le ranch de William Cody situé à quelque distance de la rivière Platte. Le célèbre éclaireur nous reçut sur la véranda d'un corps de bâtiment construit en bois, et surélevée de quatre marches. L'homme m'en imposa pas sa haute stature, son visage énergique et doux. Il ne portait rien de l'attirail conventionnel que lui imposa une publicité savamment orchestrée par Ned Buntline, affairiste, auteur, journaliste au passé tumultueux. Vêtu d'une veste de chasse, un pantalon de whipcord tombant sur les bottes et coiffé d'un bonnet de fourrure, l'intérêt de sa personnalité se concentrait sur sa belle et traditionnelle figure de mousquetaire.

  Cody se mit aussitôt en frais, et, je dois le dire, beaucoup plus pour Mr X, que pour le tout jeune homme que j'étais. Cependant, lorsqu'il sût que j'étais Français, il me parla avec enthousiasme du Paris qu'il avait connu en 1889, lors de son premier voyage en Europe. Au repas copieux et cordial qui nous fût servi, s'était adjoint un ranchman - pur style - avec lequel je dis partager ma chambre et qui dormit tout habillé à l'exception de ses bottes qu'il avait pris la rare précaution de retirer. Cody était un grand conteur et les récits de sa vie aventureuse eussent pu se passer des fantaisies que l'on y ajouta. Mais lorsque Buntline, en quête d'histoires sensationnelles sue le Far-West se fût heurté au refus de Franck North de raconter ses hauts-faits, il se tourna vers Cody qui, de suite, comprit le parti qu'il avait à tirer de cette association. Buntline broda et Cody disait en riant qu'il en arrivait à << ne plus très bien démêler dans ses aventures la part de fiction de la réalité >>.

  Qu'il eût assumé à 16 ans le pénible service du Poney Express, qu'il eût chassé le bison pour ravitailler les constructeurs du Central Pacific, qu'il eût été éclaireur des 9 eme et 5 eme régiments de cavalerie et pris part à des nombreux engagements, il devint indispensable que ces activités fussent consignées noir et blanc . décrites dans trois douzaines de livres, diffusées dans tous les magazines, elles servirent à tel point la renommée de William Cody, dit Buffalo Bill, qu'il devint le héros légendaire du Far-West, mi-d'Artagnan, mi-Tartarin, image d'Epinal dont on doit, quoique l'on pense, conserver la saveur. Si  Buffalo Bill n'avait pas existé, il eût fallu l'inventer. Quel est l'homme dont la renommée, traversant six générations, a pu conserver intact son prestige parmi une jeunesse ardente et sportive.

J'eus avec Buffalo Bill de nombreuses conversations, particulièrement lorsque nous nous promenions à cheval sur ses domaines. Si je hasardais une question indiscrète, il éclatait d'un grand rire et me conseillait malicieusement de m'en référer aux multiples récits de ses aventures. Je notai une boutade amusante, réplique à un remarque faite sur les longs cheveux qu'il portait relevés dans son chapeau : << Cà ne vous gêne pas trop, Colonel, de garder vos cheveux si longs ? >> Il aimait qu'on l'appela Colonel. << My boy, me répondit-il, considérablement, mais c'est la moitié de mon succès ! >> Il avait créé un type, il devait s'y tenir pour la légende.

  A l'époque de cette première visite, il préparait une nouvelle tournée du fameux << Wild West Show >> qu'il conçut en 1883 et promena à travers le monde. Pour avoir sa troupe bien en main, il avait installé à un kilomètre de son ranch un camp immense, coupé en deux par une allée boueuse : d'un coté, une soixantaine d'indiens Sioux élevaient leurs tepees et faisaient leurs feux. De l'autre, cow-boys et vaqueros utilisaient des tentes de l'armée et s'affairaient au nettoyage de leurs outils.

  Une centaines de chevaux à la corde s'ébrouaient, ajoutant au tintamarre de ce microcosme de races, dont les répétitions quotidiennes faisaient s'enfuir le gibier à dix kilomètres à la ronde.

  Regagnant à la nuit la chambre ou ronflait déjà mon Bunky, je ne pus dormir, tenu en éveil par le bruit incessant des tambours et des chants des Peaux-Rouges. Au milieu de cette nature un peu hostile, baignée par un clair de lune cendré et lugubre, on eût pu se croire transporté soixante ans en arrière et assister au prélude d'une attaque dont le vent apportait la rumeur.

 

 

Article de JOE HAMMAN en juin 1954, retrouvé sur un vieux journal. Je veux en faire profiter les lecteurs du blog

Si il y a contestation sur cet article je le retire immédiatement !

 

Red Eagle-700

Publié dans Buffalo Bill

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Grand-Sachem-la-Brocante 11/01/2011 22:09



Comme il semblerait, si Grand-sachem a bien compris, il t'a tagué sur http://grand-sachem-la-brocante.over-blog.com/article-fatorius-s-tag-64785705.html



Grand-Sachem-la-Brocante 11/01/2011 06:45



Grand-Sachem-la-Brocante avoir aussi rencontré le "colonel" à la longue chevelure par deux fois :


http://grand-sachem-la-brocante.over-blog.com/article-21856962.html


et


http://grand-sachem-la-brocante.over-blog.com/pages/Buffalo_Bill-603588.html


Hugh!