Buffalo Bill des Editions A. EICHLER

Publié le par kit.2000

Buffalo Bill était un hebdomadaire de 32 pages qui contenait un récit complet par fascicule. Les Editions A. Eichler situées à Paris  proposaient dans les années 1900 les aventures de Buffalo Bill dans ce genre de fascicule. Le Colonel William Frederick Cody dit Buffalo Bill autorisa lui même la publication de ses propres histoires, chaque exemplaire sur sa couverture est estampillé «  BY THE AUTHOR OF BUFFALO BILL » Le nombre d’exemplaire était de 947 d’après ce que j’ai entendu dire, entre une première version de 1901 à 1912 et une seconde de 1912 à 1919. A titre d’information, Buffalo Bill est décédé en 1917.

Pour avoir lu plusieurs exemplaires, je peux dire que les récits de Cody sont surprenants et qu’ils montent en puissance ce légendaire personnage de l’ouest américain. Je vous propose des petits morceaux de récits piochés dans chaque fascicule après la présentation de sa couverture. Une belle gravure mise en page pour la couverture plus un bon récit,  quoi de mieux !

 

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Boum, boum, boum ! Ainsi résonnaient les tambours, sur la peau desquels les vieux guerriers, trop âgés pour aller à la chasse ou à la guerre, frappaient de leurs poings décharnés. Le vaste feu levait au ciel ses flammes rougeâtres, et ses lueurs, se confondant avec les rayons blancs de la pleine lune, éclairaient fantastiquement les environs. Les rudes visages des vieux braves se détachaient, livides et effrayants, dans la lumière vacillante, et les raies rouges qui zébraient leurs joues tranchaient lugubrement sur la teinte sombre de leur peau.

Boum, boum ! Boum, boum ! Les notes grondantes éclataient au milieu des tentes, ou tepees, et se répercutaient dans le bois de peupliers du Canada qui bordait la rivière.

Ce campement était un campement de Crows, ou Corbeaux, qu’une petite troupe de Sioux était venue visiter. Cette visite des Sioux en temps de paix aux tentes de leurs ennemis héréditaires était significative ; elle présageait la guerre contre les blancs.

 

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Buffalo Bill, le roi des éclaireurs, et Pawnee Bill, dit le prince bowie, un des pards du scout dont il était le bras droit, chevauchaient silencieusement à travers la grande forêt que coupait le chemin menant à Three Slabs. Ils étaient encore émus du spectacle auquel ils venaient d’assister. Spectacle solennel assurément et de nature à faire une impression aussi durable que profonde sur l’esprit d’hommes capables d’en comprendre la signification.

Ce n’était certes pas la première fois qu’il leur avait été donné d’assister à des funérailles indiennes. Ils avaient souvent vu les Peaux-Rouges hisser et attacher au faîte des arbres les cadavres de leurs morts. Mais jamais encore ils n’avaient senti, au cours d’une cérémonie semblable, combien nous pesons peu dans la balance du destin.

A vrai dire, ils ne s’attendaient pas, en se rendant chez les Apaches, à trouver trépassé le grand chef Faucon.

 

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Au moment ou commence ce récit, Buffalo Bill franchissait la porte de l’« ŒIL Ouvert », le principal débit de boissons de Last Chance, ville de montagne consistant en deux douzaines de constructions en bois éparpillées sur le flanc d’une colline. La colline surplombait un ravin, nommé « Half-a-day Gulch » et rempli de placers. L’or de ces placers était, bien entendu, la raison d’être de cette ville sur le flanc de cette colline. Last Chance n’avait pas d’autre excuse. D’aucuns, même, proclamaient cette excuse insuffisante. La plus grande cabane du « settlement », comme on appelle en Amérique ces petites colonies, était un établissement dirigé par un nommé Moriarty. Au dessus de la porte, s’étalait, grossièrement peint, un œil énorme, un œil grand ouvert, fixe et impressionnant. Pendant le jour, un morceau de verre rouge, fixé artistement dans la prunelle, lui donnait un aspect vraiment bizarre et inquiétant ; et la nuit, une lampe à huile, placée derrière le verre, produisait un effet de terreur, qui n’était pas sans attraction sur le public.

    

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-          C’est assurément un damné pays !

-          Vous l’estimeriez davantage si vous le connaissiez un peu mieux.

 

La réflexion et la réponse avaient été prononcées d’un ton bien différent. Pleine d’amertume, la première reflétait l’énervement d’un homme qui n’est pas à même de comprendre les choses, tandis que la seconde ressemblait, par l’inflexion, à celle d’une mère qui cherche à expliquer les frasques d’un enfant excentrique.

La nuit tombait. Les ombres s’amassaient autour des roches et des arbres qui bordaient la clairière occupée par nos personnages. Il faisait frais, mais un feu de bivouac rendait la température supportable dans la petit camp. Sa lueur éclairait une zone d’un faible rayon, sauf quand les flammes, ranimées par le vent, jetaient un éclat vif qui mettait en relief les silhouettes des troncs et des roches voisines.

       

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Grand-Sachem-la-Brocante 29/07/2013 13:34


Très belles couvertures!

kit.2000 30/07/2013 01:54



Ouaip ! sympa, j'aime bien ce type de gravure. 



pouik 27/07/2013 09:15


Intéressant, ils sont à toi ces pépites? Sont-ils rediffusées dans d'autres bouquins.


Merci à toi.


 


 

kit.2000 28/07/2013 17:14



Oui  j'ai trouvé ces petits fascicules chez un brocanteur dans le Loir et cher. Je sais qu'il existe des reliures adaptées pour Buffalo Bill Storie mais je n'ai jamais mis la main dessus.
Par contre j'ai trouvé des reliures pour Texas Jack qui était également un grand bonhomme de l'ouest américain avec le même type de journaux. Je ne pense pas qu'un éditeur actuel est dédié un
bouquin reprenant les récits de ces fascicules. Quel dommage !